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Spéciales-femmes : Ces habitudes qui peuvent nourrir un cancer du sein

Posté par Imane le 20/3/2008 21:28:14 (215 lectures)

Si le rôle des hormones dans l’apparition des cancers du sein est réel, celui de la nutrition existe, selon des médecins. La mauvaise graisse, surtout animale, de certains produits laitiers, peut les favoriser. Tandis qu’une alimentation saine, incluant le soja, peut les prévenir.


Les aliments que l’on consomme peuvent-ils jouer un rôle dans l’apparition du cancer du sein ? Si la recherche est parfois contradictoire et que les liens de cause à effet ne sont pas toujours clairement établis, certains faits sont troublants. Dans une célèbre étude sur les femmes japonaises démontrant l’importance des facteurs nutritionnels : l’incidence du cancer du sein s’est révélée de 4 à 5 fois plus élevée dans les pays occidentaux par rapport au Japon, pays de même développement économique. Alors que les populations japonaises émigrées aux USA depuis une génération ont montré un risque similaire aux femmes américaines.

Plusieurs spécialistes de la santé croient qu’un régime riche en gras augmente le risque qu’une femme soit atteinte de cancer du sein. Ancien chef diététicien au ministère de la Santé et actuellement consultant en diététique, Deelanee Doreemeeah est de cet avis : «Les causes du cancer du sein sont certes multiples et l’aspect hormonal est souvent déterminant. Mais le lien avec la nutrition est réel et s’exprime surtout après la ménopause.»

Un bon régime alimentaire aurait ainsi des vertus préventives. «Si on consomme moins de graisses, on est exposé à moins de risques. Effectivement, manger moins gras réduit déjà le risque de maladies cardio-vasculaires ou d’hypertension. Aussi, il s’agit de favoriser la part de graisses polyinsaturées qui sont bénéfiques en établissant un ratio de 2 pour 1 entre graisses saturées et graisses polyinsaturées.»

Ce ratio a une traduction en termes d’aliments. Les graisses polyinsaturées sont présentes dans l’huile végétale (autre que l’huile de coco ou de palme), les graines et les noix, les poissons gras comme les sardines. Les graisses saturées se retrouvent surtout dans les matières grasses transformées comme certaines margarines, les graisses animales, les produits laitiers, l’huile de palme…

«Force est de constater qu’à Maurice, l’huile hydrogénée (matière grasse transformée) des friandises de rue a l’ascendant dans le régime alimentaire de beaucoup de femmes et d’hommes», déplore le diététicien. «Cette mauvaise graisse a tendance à circuler dans le corps sous la forme d’acides gras trans qui se localisent un peu partout dans le corps avant de se transformer en cisfatty acids, qui vont carrément brûler les cellules et favoriser l’éclosion d’un cancer.»

Les habitudes sont donc à modifier. Selon la société canadienne du cancer, les aliments à base de fèves de soja, comme le tofu, le miso et le lait de soja contiennent des phytoestrogènes (hormones végétales). Les chercheurs pensent que si les femmes mangeaient des aliments à base de soja dès l’enfance, ces hormones “faibles” pourraient inhiber les hormones naturelles du corps humain, plus “fortes”. Elles pourraient du coup réduire le risque que ces femmes soient atteintes d’un cancer du sein. Ou d’être victimes d’une récidive de ce cancer.


Neutraliser certaines toxines

«Cet effet bénéfique peut aussi être ressenti chez des sujets qui commencent à consommer de tels aliments plus tardivement. De plus, ils peuvent contribuer à protéger les artères.» Le consultant exhorte les Mauriciens à accorder plus de place aux fibres alimentaires dans notre régime quotidien. «Selon une étude du ministère, nous ne consommons en moyenne que 10 grammes de fibres par jour. Alors qu’il faudrait un apport de 30 grammes !» Or, rappelle-t-il, les fibres aident à neutraliser certaines toxines dont celles liées aux cancers du sein ou du colon…

Entre-temps, les mauvaises habitudes alimentaires se combinent à d’autres comportements à risques : «Ne pas allaiter les enfants au sein augmente les risques de 50 à 60 %. Quand on sait que la plupart des femmes ne pratiquent pas l’allaitement à Maurice, on peut être préoccupé», déclare Deelanee Doreemeeah. Selon lui, seules 12 à 13 % d’entre elles donnent le sein à leur enfant, un processus naturel qui permet au métabolisme d’éliminer la formation de graisses.

Restent enfin les idées reçues. La plupart des médecins s’accordent pour réfuter l’idée que le sucre diminuerait les fonctions immunitaires, que la caféine pourrait contribuer au cancer du sein, même si encore une fois un peu de latitude s’impose : certaines femmes ont observé que la douleur s’atténuait lorsqu’elles évitaient le thé ou le café.

Inversement, si rien ne permet de penser que la consommation occasionnelle d’alcool serait un facteur de cancer, un certain nombre d’études font penser qu’un ou plusieurs verres quotidiens seraient liés à un risque légèrement accru d’être atteint de ce mal trop fréquent qu’est le cancer du sein.


source: lexpress.mu

Olivier MASSON

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